Ces deux dernières semaines nous avons été occupés à longer la mer Méditerranée, d’Aigues-Mortes à Massa, sur environ 1000 km. Et plus au moins à mi-chemin, nous avons franchi notre première frontière. En guise de carnet de voyage, au programme de ce billet : continuités et contrastes le long de Mare Nostrum entre la France et l’Italie.

De fortes similitudes du côté de la géographie

Le schéma est assez constant de part et d’autre de la frontière. La montagne (Alpes ou pré-Alpes) s’élève très vite à notre gauche. A droite, la mer donc. Souvent de très belles images de vertes collines de chênes et de pins, et de rochers tombant dans l’eau bleue.

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L’humain n’a pas eu trop le choix que de se serrer et de s’étaler entre les deux, avec ses (belles) maisons, sa route nationale, sa voie de chemin de fer, son autoroute, ses plages. Les implications pratiques pour le cycliste sont immédiates : peu d’itinéraires bis et d’endroits discrets pour bivouaquer (en Italie nous avons squatté trois nuits de suite dans des paillotes de plage en sommeil pour l’hiver!).

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Et qui tente d’échapper à ce destin en passant par l’arrière pays se condamne à de gros dénivelés… mais également à découvrir de splendides panoramas. Seule exception paysagère sur notre trajet : la Camargue, déserte car zone humide et protégée, et plane car formant le delta du Rhône.

Malgré cette constante géographique, les paysages divergent un peu par des architectures, des urbanismes et des aménagements du territoire différents : il nous a semblé que l’habitat était plus diffus, moins concentré en Italie où nous n’avons pas dû rouler plus de 2 ou 3 km sans voir des maisons ! Même à 10 km de la côte ou dans les fameuses zones montagneuses des Cinque Terre ! C’était un peu le cas en France dans les Alpes Maritimes mais cela nous a davantage marqué en Italie.

Des agricultures et des alimentations cousines

Peu d’élevage (quelques ovins et caprins de part et d’autres) ; même sort pour les grandes cultures. En revanche nous retrouvons dans les deux pays l’olivier (mention spéciale à l’huile de la famille Tienzi à Vinci!) et la vigne.

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Maraîchage et horticulture (beaucoup de serres) sont aussi visibles. Ces similitudes transparaissent dans l’alimentation évidemment : outre l’importance des fruits, légumes, légumineuses, céréales et herbes aromatiques du fameux « régime méditerranéen », les mêmes spécialités se retrouvent de part et d’autres de la frontière avec des noms différents. Ainsi la farinata de ceci de Ligurie ressemble à s’y méprendre à la socca niçoise, elle même très proche de la cade toulonnaise ! On sent malgré cela côté italien un goût encore plus prononcé pour les bons produits. Les petits commerces de bouche sont encore nombreux. En Italie on entre évidemment aussi dans un pays de café. On vous en reparle bientôt !

Usages et coutumes

Paese che vai usanza che trois ! (littéralement : dans le pays où on va, on trouve les coutumes, c’est-à-dire, quand on est à Rome, il faut faire comme les Romains !)
C’est un peu le sel du voyage : se perdre dans des cultures nouvelles pour finir, petit à petit, par vaguement s’y retrouver, et comprendre les usages locaux. Le premier jour, on est peu perdu, on n’ose peu parler. Puis on apprend quelques mots d’italien, utiles au cyclo-randonneur (« nous avons besoin d’eau »… »nous cherchons un endroit pour camper »…). Et ces quelques mots nous mènent parfois bien plus loin : à passer la soirée avec une famille nous offrant le gîte et le couvert par exemple! À se mêler ainsi aux italiens on découvre les usages locaux et les particularismes régionaux (à priori très marqués en Italie). Quelques
exemples :

    • Les spaghetti à la bolognaise sont une hérésie ! Spaghetti al pesto, alla carbonara… mais surtout pas à la bolognaise ! Ce sont les penne où les raviolis qui se dégustent al ragu (= à la bolognaise).
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    • Les italiens ne sont pas spécialement exubérants ou envahissants comme on pourrait le croire ! En tous cas, pas tous ceux que nous avons croisé sur notre chemin. Comme chez nous, tout est question de caractère et la majorité des gens croisés nous regardent curieusement sans pour autant se jeter sur nous !
    • Il est permis de jouer au foot dans le salon familial, surtout les soirs de match de qualification pour la coupe du monde !
    • Les italiens trient mieux leurs déchets que les français ! En tous les cas dans le nord de l’Italie (il paraît que c’est une autre affaire dans le sud…) nous trouvons 5 poubelles différentes chez nos hôtes : cartons, plastiques, biodéchets, verre, et tout venant.
    • La pratique du vélo de route par les femmes est bien plus développé en Italie qu’en France où ce sport est très masculin !
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