L’Italie, le pays des pasta, des gellati, des tiramisus… Mais pour nous c’est avant tout le pays du café ! La saison aidant et les températures rafraîchissant, nous nous arrêtons au moins une fois par jour nous réchauffer au café ! Comme beaucoup d’italiens. Il semblerait que les italiens ne boivent pas plus de café, en kg par habitant, que les français (un  peu plus de 5kg/an/habitant, selon les statistiques). Pourtant la place particulière occupée par le café dans ce pays nous marque : la boisson d’une part, et par répercussion les lieux où on le boit !

Un peu d’histoire…

On imagine une relation particulière, étroite et pluriséculaire, entre les italiens et le café. En fait, pas spécialement. La boisson a été introduite en Europe au 16e siècle par les marchands vénitiens. Mais elle s’est vite répandue dans les pays voisins, au moins autant qu’en Italie. L’Italie n’a pas d’histoire notable avec les pays producteurs (à part l’Éthiopie, mais cela ne semble pas avoir joué dans l’histoire du café italien). Le pays peut par contre s’enorgueillir d’avoir inventé les machines à expresso et la cafetière moka. C’est davantage la manière de faire la boisson et la déguster qui est si particulière en Italie, plus que le produit brut lui-même : nulle part on ne vous parle du type de grains de café utilisé, de sa provenance, de sa torréfaction…

Le rythme du café

Les italiens boivent leur café vite. Très vite. Ils entrent, commandent, boivent, s’en vont. Et encore, les habitués ont juste besoin de se présenter au comptoir, sans rien dire, et ils sont servis. Nous, nous allons au café pour nous poser un moment, c’est un temps de détente. Les italiens vont au café pour boire leur café.

L’ambiance entre 8h et 9h y est particulièrement fourmillante : ça rentre et ça sort sans cesse, des retraités, des travailleurs, des étudiants, même des écoliers. Autant de femmes que d’hommes. Seul, entre copains, en famille ou entre collègues. Tout le quartier semble passer ! C’est donc également un lieu de rencontre. Au passage, ils prennent des nouvelles, jettent un coup d’œil au journal, mangent un croissant. Mais ils ne s’attardent pas pour autant. Seuls certains (les joueurs de cartes, le type qui drague la serveuse,…) restent un peu, comme nous.

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Nous sommes à contre-temps, privilège de voyageurs. Et nous aimons y observer les habitudes et s’imprégner de cette ambiance de café bien différente de nos “PMU” français. Ça nous rappelle également d’autres “pays de café” où le rythme est encore différent :  de l’autre côté de la méditerranée, au Maroc, on étire le temps en sirotant un café depuis longtemps refroidi, dans une atmosphère très masculine.

De l’art de boire son café

En Italie, chaque buveur de café semble avoir sa manière de consommer. Le premier degré de diversité s’observe à la carte : Caffè normale (comprendre espresso), Caffè macchiato (avec une goutte de lait), Cappucino, Caffè doppio (espresso double), Latte macchiato, Caffè Correto (avec une goutte de cognac), caffè marochinio (avec du chocolat)…

Une fois qu’on a assimilé ces grandes catégories, on découvre des nuances étonnantes : untel demandera son café dans une tasse pré-chauffée, tel autre dans un verre, ou bien avec un petit verre d’eau gazeuse pour l’accompagner, ou encore avec un cornetto, un croissant fourré à la crème (il y a presque toujours des pâtisseries dans les cafés)… La quantité de lait du macchiato variera de la “goutte” au “petit pot”, celle de sucre de niente (rien) à 2 ou 3 cuillères (oui oui, 2 cuillères de sucre pour un espresso ça semble courant ! à côté, Zuton passe pour un diabétique). Enfin, on le boira le plus souvent au comptoir, mais certains demanderont à se le faire porter à une table.

Et les serveurs chaque fois s’adaptent, imperturbables, au service de quasiment 60 millions d’italiens buveurs de café et de deux cyclovoyageurs français les observant!

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Audrey & Julien, les Pignons Voyageurs

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