Nous voilà depuis près d’un mois en Grèce, pays du tzaziki, du sirtaki, du raki et des jeux olympiques. Impressions. 

Grèce rurale

Premières impressions en Grèce, passée la frontière avec l’Albanie : il fait sec mais froid, c’est boisé, et ça monte ! Loin des clichés de cartes postales, nous avons d’abord découvert un pays rural et montagneux. A la pointe de la péninsule balkanique, 80% du territoire grec est montagneux. D’après Wikipedia, 43% des communes sont situées au delà de 800 mètres d’altitude ! Bref, nous avons vu de très beaux paysages de montagnes avant de voir la mer !

DSC01518

 

Dominance de paysages escarpés, beaucoup de canyons et de gorges karstiques, la géographie du pays a sans doute joué sur sa faible population (10 millions d’habitants). Deux fois moins densément peuplé que l’Italie, le contraste est fort : la Grèce nous a paru beaucoup plus calme, d’autant que la population est principalement concentrée au nord-est, zone que nous n’avons pas traversée.

DSC01577

 

Côté agriculture, les terres arides et à fortes pentes sont principalement valorisées par de l’élevage ovin et caprin. Et des arbres fruitiers : des oliviers (ils ne nous quittent plus !) et des agrumes (des orangers en veux-tu, en voilà ! Plutôt sympa pour nos petits-déjeuners !). Nous avons également croisé quelques grandes plaines en s’approchant d’Athènes. On y a vu principalement du coton (la Grèce produit 80% du coton européen) et des céréales.

DSC01709

 

Un pays qui nous a donc semblé peu peuplé, aux paysages bien préservés (les premières lois de protection de la nature existent depuis 1932 contre 1976 en France), où il fait bon voyager à vélo ! Des spots de bivouacs faciles à trouver, des routes en bon état mais peu de trafic (en cette saison en tous cas), et de beaux paysages !

DSC01513

 

Grèce européenne

La Grèce c’est aussi notre dernier pays de l’union Européenne. Dernier pays où l’on paye en euro, où l’on rentre sans complexité administrative (merci l’espace Shengen), où l’on bénéficie encore de notre forfait de téléphone (merci la nouvelle réglementation sur la fin des frais d’itinérance en Europe), où l’on boit l’eau du robinet sans se poser de questions. Au-delà de ces considérations pratico-pratiques, la Grèce c’est aussi une civilisation antique ayant fortement influencé la culture européenne et occidentale depuis la Renaissance. Les marqueurs archéologiques de ce glorieux passé sont nombreux : nous avons notamment visité le site majestueux de Delphes. Et nous avons trouvé beaucoup de charme à la ville d’Athènes, où le vieux et le neuf se mêlent, sans qu’il n’y ait un “quartier musée”.

DSC01651

 

Notre parcours jusqu’à Athènes a été très contemplatif, mais nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion d’échanger avec les grecs. Nous les avons réellement rencontrés à Athènes, où vit 36% de la population. Nous étions curieux de mieux comprendre la culture grecque, de savoir si l’histoire antique de la Grèce influence encore aujourd’hui la Grèce moderne. Le culte du sport et de l’olympisme n’a semble-t-il pas perduré, en tous les cas le cyclisme ne semble pas à la mode ! Nous n’avons pas dû croiser plus de 10 vélos en 1 mois ! Ce serait, selon notre hôte à Athènes, encore perçu comme un moyen de déplacement “de pauvre”. Passons sur le sport donc. La culture ? Nous ne sommes restés que 2 jours et demi à Athènes mais avons eu l’impression d’une ville vivante, à la vie nocturne riche, avec une offre culturelle développée. Une soirée passée avec la jeunesse athénienne nous a également donné l’impression qu’ils étaient désabusés de la politique, mais toujours profondément attachés à l’idéal européen.

 

Grèce orientale

Mais arriver en Grèce (et en Albanie) c’est aussi commencer à se tourner clairement vers l’orient. L’histoire montre les liens étroits (mais pas pour autant très pacifiques) entre la Grèce et l’empire Ottoman (l’indépendance date “seulement” de 1830, et le conflit a perduré jusqu’à la “Grande Catastrophe”, en 1923, qui voit s’opérer d’importants échanges de populations entre la Grèce et la Turquie : 1,5 millions de chrétiens d’Anatolie et de Thrace orientale doivent gagner la Grèce tandis que 500.000 musulmans de Macédoine et d’Epire doivent quitter la Grèce et s’installer en Turquie.

Dans la vie d’aujourd’hui, les traits de culture orientale se retrouvent aussi : quelques minorités musulmanes (en Albanie bien sûr, mais aussi en Grèce), d’anciennes mosquées, une alimentation qui rappellent la Turquie (tout du moins, ce qu’on en connaît à ce stade), des airs de musique qu’on croirait sortie d’une chaîne de clips libanaises…

Comme un avant-goût de la suite du voyage donc, une préparation à notre grande immersion…

DSC02191

 

Grèce insulaire

Enfin, nous avons aussi eu un petit aperçu de la Grèce insulaire, grosse poignée de très jolis confettis sur la mer Méditerranée. Les îles constituent 1/5e de la superficie du pays. On compte plus de 9000 îles et ilots, dont 200 sont habités (mais la plupart compte moins de 50 hab).

Pour nous, cela s’est traduit par quelques traversées en ferry, avec l’ambiance toujours particulière des ports et les arrivées au petit matin dans des endroits nouveaux. La Grèce possède la plus grosse flotte marchande au monde avec 15% du tonnage mondial. Nous nous sommes fait une très belle virée en Crête, entre mer et montagne, avec des lumières magnifiques. Et nous avons fait une jolie petite étape à Rhodes et sa vieille ville médiévale.

DSC01988

 

La Grèce insulaire est aussi celle du tourisme. Les grecs eux même se disent assez amateurs de vacances sur les îles. Les infrastructures sont bien visibles, même si relativement concentrées et ont donc relativement peu abîmées le paysage. On a trouvé les prix (de l’alimentation, des hôtels…) relativement élevés, comparé au niveau de vie locale. Et par contre on est vraiment tombé en saison creuse : les routes sont très calmes, pas mal de restaurants et hôtels sont fermés, il y a moins de bateaux. Pour nous c’est parfait !

 

Audrey & Julien, les Pignons Voyageurs

%d blogueurs aiment cette page :