À quelques heures de notre arrivée, et après avoir roulé sur l’impressionnant réseau cyclable d’Europe du Nord, on repense à la condition des cyclistes sur les routes que nous avons empruntées. Se sentir à l’aise, à vélo, dans le trafic, peut jouer de manière significative sur la perception du pays où l’on se trouve. Voici un petit tour d’horizon rétrospectif de la place du vélo dans les différents pays que nous avons traversés.

L’Italie : tout pour le sport
En Italie on ne voit des cyclistes que le samedi ou le dimanche. Ils portent des combinaisons moulantes qui vous éblouissent et leurs vélos sont si fins que l’on a peur qu’ils se cassent au moindre dos-d’âne. On est au pays du cyclisme sur route. Coppi, Pantani, Nibali… L’Italie a une histoire en la matière, et les italiens l’entretiennent par une pratique amateure sensiblement plus étendue que chez nous. Fait intéressant : on voit aussi beaucoup de femmes faire du vélo de course, ce qui est franchement rare chez nous. La semaine par contre, pas de vélotaffeurs : l’Italie de Pantani redevient celle de Fiat. Et on y trouve du coup très peu de pistes cyclables. Par contre les automobilistes, qui sont sans doute des cyclistes le dimanche, sont relativement respectueux des cyclos.

La Grèce : le vélo oublié
En traversant la Grèce au mois de décembre, on a eu le sentiment d’un pays somnolent. Sans doute faut-il un temps de repos après la frénésie touristique de l’été. Mais c’était peut-être aussi parce qu’on n’a quasiment pas vu de vélo. Ni pour le sport (exception faite de la Crête, où les activités sportives et natures se sont sans doute développées via le tourisme), ni pour se déplacer. Le réseau Warmshower est d’ailleurs peu développé dans le pays. Et le seul cycliste grec rencontré nous a fait part de son analyse sur le sujet : le vélo serait encore perçu comme un moyen de déplacement de « pauvre ». Malgré tout, on a trouvé que la Grèce en hiver était un beau terrain de jeu pour les cyclo-voyageurs (splendides paysages, peu de voitures et réseau routier bien développé) et c’est justement dans ce pays qu’on a rencontré nos premiers cyclo-voyageurs : Jimmy et Louise, et Lucas.

Turquie, Iran et Chine : à la recherche des premiers pionniers
Si vous vous imaginiez des avenues chinoises remplies de travailleurs à vélo, s’en allant quotidiennement à l’usine, c’est trop tard. Aujourd’hui c’est le scooter électrique qui remplit les rues de ce pays.

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En Iran c’est la voiture, rendue abordable par des carburants peu chers. Dans ces grandes économies émergentes, le vélo comme moyen de déplacement quotidien n’est plus une option acceptable, il fait trop « pauvre ». Par contre, en cherchant bien, on peut voir se rassembler les premières communautés de cyclo passionnés. Des cyclos sportifs autour d’Istanbul et disséminés dans les grandes villes de Turquie. Des cyclo randonneurs en Chine, où la traversée du Tibet est paraît-il désormais un grand classique. Des promeneuses à vélo dans les rues d’Ispahan, capitale touristique d’Iran.

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Et, Chine mise à part, un impressionnant réseau Warmshower, très réactif. Ces pionnier-e-s donnent une impression de liberté bienvenue dans des pays pas réputés pour leur tendresse démocratique…

Asie Centrale : terrain de jeu pour cyclo-occidentaux
Au Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan, on voit régulièrement des vélos. Ils portent des grosses sacoches et leurs conducteurs ressemblent généralement un peu à des hippies poussiéreux. Et ils ne sont pas du coin. Tout simplement parce que l’Asie centrale est devenue une des destinations très à la mode pour la rando à vélo, avec en particulier la fameuse route du Pamir.

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Pour nous, c’était, dès le départ, un tronçon de notre itinéraire surligné plusieurs fois. Et ça restera effectivement un des moments très marquants du voyage. Pourtant, on a vu beaucoup mieux niveau qualité de revêtement. Et puis ça grimpe pas mal… On comprend que les locaux aient opté pour le cheval ou le 4×4 !

L’Europe du nord, quasi-paradis du vélo
Ne tournons pas autour du pot, l’Europe du Nord que nous avons traversé (Suède, Danemark, Allemagne) ressemble un peu à un paradis du vélo. Le réseau de pistes cyclables est très dense, en ville comme en zone rurale, avec beaucoup d’indications pour s’y retrouver. Et le nombre de cyclistes est à l’avenant.

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Le Danemark a un temps d’avance pour la circulation du quotidien, avec des pistes vraiment bien faites et qui permettent facilement d’entrer et de sortir des grandes agglomérations comme Copenhague, y compris avec les supers triporteurs de Christiana. Ce pays arrive d’ailleurs en tête des classements sur les politiques pro-vélo en Europe. L’Allemagne se distingue elle par l’énorme densité d’itinéraires balisés, davantage tourné vers le cyclo-tourisme donc. Et de la Suède on retiendra l’impressionnante liberté que l’on a pour circuler et bivouaquer dans la nature. On trouvera évidemment quelques bémols, comme par exemple les nombreuses pistes mixtes, cycliste-piéton, en particulier en Allemagne : ça ressemble vraiment à l’idée d’un automobiliste qui aurait à trouver un endroit pour les vélos ! Bien souvent on préfère encore être sur la route dans ces cas là…

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