En escaladant un petit col nous remarquons des panneaux sur le bord de la route : “Merci de ne pas ramasser les châtaignes, fruits du travail des agriculteurs”. Nous avions vu les arbres mais cette inscription est le premier témoignage d’une réelle activité économique autour du fruit emblématique de la région.

À la vue des bogues qui recouvrent les pentes, une question survient : mais comment font-ils pour les ramasser ? Avec un râteau ? À la main ?? Qui dit activité économique dit un minimum de maîtrise des coûts, notamment des coûts de main d’œuvre…

La réponse ne tarde pas : dans la descente apparaissent des filets posés sous les châtaigniers.

DSC00276

Et un kilomètre plus loin, un couple d’agriculteurs s’affaire. Ils nous livrent gentiment le fin mot de l’histoire : les filets servent effectivement à rassembler les fruits. Puis une petite machine permet de les aspirer et de les déboguer.  “Nous avons investi 15 000 € dans cet outil il y a 5 ans et nous sommes passés d’un mois et demi à 10 jours de travail pour cette étape de la récolte”. Ils s’ouvrent ainsi la possibilité d’exploiter de nouvelles surfaces, ou de mener d’autres activités. Une bonne illustration de gain de productivité du travail (autrement dit la quantité de richesse que peut produire une unité de travail), notion importante pour qui veut comprendre les évolutions des agricultures qui nous entourent. Et qui ont permis à nos sociétés de disposer de davantage de produits agricoles à des prix moindres, avec un nombre de paysans diminuant (pour ceux que ça intéresse, ce travail de l’INSEE montre que l’agriculture à connu des gains de productivité bien plus forts que l’industrie ou les services). Pour les agriculteurs ces évolutions sont souvent un impératif économique (rester compétitif), parfois une amélioration des conditions de travail.

DSC00283

Il y a quand même quelques limites : la machine a un prix (et donc il faut une surface suffisante pour l’amortir), elle ne permet pas de ramasser certaines variétés dont la récolte s’étale dans le temps. Elle peine aussi quand les châtaignes sont trop petites, comme cette année. En somme, une plus grande difficulté à gérer la diversité et l’aléa.

Mais les gains de productivité ne sont pas les seuls ressorts d’amélioration économiques. Valorisation, par la transformation notamment (on trouve plein d’ateliers de transformation de châtaignes en Ardèche), différenciation (les agriculteurs rencontrés produisent des variétés de différentes qualités pour différents marchés), diversification (ils ont aussi de la vigne), baisse des autres coûts de production…

%d blogueurs aiment cette page :