Plus nous nous éloignons de la France, plus nous avons l’impression de voyager également dans le temps. La route que nous avons choisi n’est probablement pas innocente : les nuits dans les caravansérails en Iran et les splendeurs de Samarkand et Boukhara en Ouzbékistan nous ont projeté quelques siècles en arrière.

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Les campagnes ouzbeks et tadjiks sont également l’occasion d’imager la France rurale il y a quelques générations, du moins de ce que nous imaginons (nos lecteurs seniors nous corrigeront sans doute…). Si l’on met de côté les téléphones portables et la télévision qui équipent la plupart des foyers, la vie rurale est encore très simple : un robinet dehors (sans savon) fait souvent office de salle de bains (lorsque la maison dispose de l’eau courante), et les toilettes consistent en une cabane au-dessus d’une fosse au fond du jardin (lorsqu’elles ne sont pas communes dans le village). Des pièces vides sans décorations superflues dotées de tapis et pour tout ameublement une pile de matelas au fond de la pièce que l’on déplie quand vient la nuit (nous commençons à être habitués à dormir sur du dur depuis l’Iran). Nous apprécions toujours autant les invitations chez l’habitant, mais l’hygiène laisse un peu à désirer parfois (la turista nous a d’ailleurs rattrapé…) et il nous est finalement plus facile de nous doucher lorsque nous campons !

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Les travaux de champs se font principalement à la main ; et ne sont pas particulièrement masculins : les femmes ne chôment pas (les enfants non plus d’ailleurs) ! Dans les plaines ouzbeks, turkmenes et tadjiks, le coton est roi (encore un héritage soviétique : lire à ce sujet cet article du Temps). Tandis que dans les montagnes, l’agriculture est principalement vivrière. Chaque foyer produit sa propre alimentation (du moins en partie) : des petits potagers, quelques arbres fruitiers (ou tout simplement des mûriers platanes dans les montagnes), une ou deux vaches, quelques poules, et pas de cochon bien sûr (dommage on aurait bien manger du saucisson !). Le pain se fait également à la maison. De ce fait, et du ramadan (les restos sont souvent fermés le midi), il commence à être difficile pour nous de trouver de la nourriture dans les montagnes tadjiks : de moins en moins de fruits et légumes notamment (à part des carottes on ne trouve plus rien..). Ce n’est pas dans ces pays que nous grosssirons !

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Mais revenons en au titre de cet article ! Le voyage dans le temps est en effet aussi l’occasion de vous parler de la perception du temps qui s’écoule en voyage. C’est en elle-même une sensation bien étrange. Au début de notre périple, les jours passaient à un rythme modéré, nous laissant le temps d’apprécier pleinement ce que nous vivions. C’était d’ailleurs un peu l’objectif de cette année de voyage : ralentir, quitter notre rythme de vie parisien effréné. Mais depuis quelques semaines, nous avons l’impression que le temps s’est accéléré et file à toute vitesse. Est-ce parce que nous avons réalisé que nous avons désormais passé la moitié du voyage ? Est-ce lié au fait que nous avons changé 3 fois de pays en 1 mois sans avoir le temps de s’imprégner réellement de leurs ambiances respectives ? Est-ce parce que nous avons accéléré la cadence et que la sensation du temps qui passe est lié au mouvement et aux changements ? Probablement un peu de tout ceci en même temps… Tout ceci nous donne envie de ralentir un peu après l’Asie Centrale et de profiter un maximum de la Chine, probablement en faisant une croix sur la Mongolie.

Audrey & Julien, les Pignons Voyageurs

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